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50 ans du Manifeste des 343 : le combat continue !


« Déclaration - Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération pratiquée sous contrôle médical est des plus simples.


On fait le silence sur ces millions de femmes.


Je déclare que je suis l’une d’elle : j’ai recouru à un avortement  (modifié par Gisèle Halimi en « Je déclare m’être faite avorter »).


De même que nous des réclamons le libre accès aux moyens anti-conceptionnels, nous réclamons l’avortement libre. »

Le texte tapé à la machine est annoté au stylo noir. Qui a rédigé des articles ou des textes pour Choisir sait que cette écriture est celle de Gisèle Halimi.

Cette archive -ô combien précieuse pour les féministes- est extraite du fonds d'archives que possède Choisir et qui atteste du rôle de notre association dans le combat des années 70 pour l’avortement.

En réalité, le 5 avril 1971, Choisir n’existe pas officiellement encore car les statuts ne seront déposés à la préfecture de Paris qu’en juin 71.

Mais c’est bien le manifeste des 343 qui est à l’origine de la création de Choisir. Gisèle Halimi est l’avocate de Marie-Claire Chevalier et de sa mère qui vont être jugées parce que Marie-Claire, victime d’un viol, a reçu l’aide de sa mère et des collègues de celle-ci pour se faire avorter. Le manifeste des 343 doit aider à convaincre les juges qu’il faut modifier la loi qui pénalise seulement les avortements des femmes pauvres. Les femmes riches ayant très souvent les moyens financiers et le réseau suffisant pour se faire avorter en toute sécurité.

Gisèle Halimi signe elle-même la pétition et est inquiétée par le barreau de Paris qui la met en demeure de répondre de cet acte. Ce qu'elle fait sans avoir à supporter de graves conséquences. Mais les femmes anonymes n'ont pas cette possibilité et sont réellement inquiétées par leurs employeurs notamment qui ne souhaitent pas une telle "publicité". Choisir se fonde justement pour défendre ces femmes. 

Sur la seconde archive, la liste des premières signataires est complétée à la main avec les noms de celles qui souhaitent signer le manifeste. On y lit le nom de personnalités marquantes : les signatures d'Agnès Varda, Nadine Trintignant, Violette Leduc, Jacqueline Picasso viennent rejoindre celles de Jeanne Moreau, Marguerite Duras, Delphine Seyrig, Françoise d'Eaubonne, Françoise Fabian, Brigitte Fontaine, Nicole Higelin, Bernadette Lafont, Judith Magre, etc..

Un autre des grands témoins pour gagner ce procès qui permettra de légaliser l’IVG, sera le Pr Milliez militant catholique et grand défenseur de la liberté de choix pr les femmes. Dans nos archives, des lettres adressées au praticien militant qu'il est témoignent de la détresse immense des femmes privées de cette liberté de choisir de donner la vie.

Choisir s'associe donc au manifeste des 343 de 2021, lancé par le Planning familial pour commémorer cet événement historique pour les combats féministes.