Coup de coeur/ coup de gueule

Le manifeste des 343 bites tellement légères qu’elles se dressent à l’insu de leur cerveau

par Catherine Albertini, membre du bureau de Choisir la cause des femme

Le ridicule ne tue décidément pas. Ces 343 « salauds »* tels qu’ils se dénomment eux-mêmes violent symboliquement les féministes signataires du «  manifeste des 343 femmes », qui ne se disaient pas « salopes »**, et livraient leur lutte sans doute la plus décisive et emblématique à l’époque : le droit de choisir de donner - ou non -  la vie sans risquer la leur entre les mains de faiseuses d’anges dans des arrières cuisines. Ces 343 femmes risquaient, alors, d’être arrêtées car l’avortement était considéré comme une infraction autonome punie de cinq ans d’emprisonnement (voire dix ans en cas de récidive).

Ce droit à l’avortement, obtenu de haute lutte après le procès de Bobigny où, Gisèle Halimi, soutenue par l’Association Choisir la cause des femmes, a mené un magnifique combat politique pour toutes celles qui, parmi les plus démunies ne pouvaient se payer un avortement clandestin médicalisé, a ensuite été reconnu par la loi Veil de 75. Ce droit, donc, n’est rien d’autre que la reconnaissance que chaque être humain est son propre corps, et, à lui-même, son propre projet.

On ne saurait utiliser l’argument « de disposer de son corps » dans la prostitution tout en ne considérant l’autre comme corps à louer ou instrument masturbatoire qu’au prix d’une dichotomie entre le corps et l’âme, déniant à l’autre sa propre sexualité puisque ce que le client achète n’est pas « une relation » mais le droit de jouir comme il l’entend par « la violence sans phrase de l’argent »**.

Les conditions d’exercice de la prostitution telles que nombre d’anciennes prostituées nous les ont décrites sont en elles-mêmes intrinsèquement violentes et la demande des clients entraîne l’offre prostitutionnelle que les mafias s’empressent de fournir. Mais ce discours est inaudible pour nos « 343 bites si légères qu’un rien les fait se dresser à l’insu de leur cerveau ». La souffrance, la pauvreté, l’exil, les violences physiques et morales, les stress posttraumatiques, le suicide, le VIH dû à des milliers de relations non protégées anonymes avec des clients qui réclament ces pratiques à risque, la détresse, l’absence de papiers et de protection sociale, ils n’en ont qu’à faire et à la limite ça les excite. Ils veulent conserver leur « droit patrimonial » à la domination sexuelle. Ils sont ringards, ne pensent qu’à leur propre liberté et sont par là même bien mal placés pour donner des leçons de civilisation à qui que ce soit pour ne parler que d’un Eric Zemmour ou d’un Basile de Koch.

*Manifeste à paraître dans Causeur dont la rédactrice en chef n’est autre qu’Élisabeth Lévy militante « pour la cause des hommes ».

** la formule des 343 salopes est de Charly Hebdo.

***Pierre Bourdieu La domination Masculine.

Publication d'une étude universitaire sur la Clause de l'Européenne la plus favorisée

Choisir se félicite de la publication par la clinique du droit de l’Université Paris Ouest Nanterre (programme EUCLID), dans le cadre de l’incorporation des savoirs féministes dans les facultés de Droit, d’une consultation juridique sur la Clause de l’Européenne la plus favorisée (septembre 2012). Lire le rapport ici. :   http://euclid.u-paris10.fr/fichier/travaux/2/document/Clause.pdf

S'il faut payer des études pour être prostituée à Valence, c'est que décidément la prostitution est en hors Bite !

Par Catherine Albertini, membre du bureau de Choisir la cause des femmes

S'il faut payer des études pour être prostituée à Valence, c'est que décidément la prostitution est en hors Bite !

100 euros la semaine de cours théoriques et pratiques à la prostitution dans un pays où il y a plus de 25% de chômeurs-euses, le seuil est atteint pour que désormais les proxénètes aient même les moyens de faire payer leurs formations à subir la violence à répétition et offrent des facilités de paiement à leurs étudiantes les plus conformes aux goûts des clients pas trop touchés par la crise.

Nous aimerions lubriquement connaître les cours théoriques, la base conceptuelle et intellectuelle du métier, quant aux aspects pratiques il n'est pas  difficile de les imaginer : "Fais ce que je te dis: ouvre la bouche, lèche, plus vite, écarte les cuisses, mets toi à quatre pattes", sodomie, fist fucking, la tête dans les chiottes en apnée sans risquer de suffoquer etc...sans oublier d'appuyer sur le bouton d'appel d'urgence.

Bref, le service public du sexe, que réclament certain-e-s de leurs voeux en France, est bel et bien en marche en deçà des Pyrénées.


Les Femmes en Europe Centrale

Choisir se félicite de la réflexion menée par SciencesPo et V4SciencesPo sur les Femmes en Europe Centrale lors du séminaire organisée le 18 septembre auquel participait Choisir. Les intervenantes des pays d’Europe centrale de Visegrad : Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie, ont fait part deleur expertise sur la situation des droits des femmes et notamment sur  l’IVG, l’accès au marché du travail, les violences domestiques, etc. Des travaux utiles qui s’inscrivent dans la démarche initiée par Choisir avec la Clause de l’Européenne la plus favorisée.

Affaire DSK !

Choisir se félicite de l’action couronnée de succès des eurodéputés Véronique De Keyser, Zita Gurmaï et Isabelle Durant réclamant l’annulation de la participation de Dominique Strauss-Kahn à une conférence sur les leçons de la crise économique dans l’enceinte du Parlement européen.

Quand Pôle emploi devient à poil l'emploi!

Par Catherine Albertini, membre du bureau de Choisir la cause des femmes

"Recherche strip-teaseuse, 12 euros de l'heure, au sein d'un établissement privé. Vous interprétez des œuvres chorégraphiques avec des techniques classiques du strip-tease topless, du mercredi au samedi. Et, ce, de 21 heures à 5 heures du matin". Le strip-tease topless consiste à danser seins nus. C’est l’offre qu’une quinquagénaire, éducatrice spécialisée, au chômage depuis plus d’un an a reçu de pôle emploi (source Sud Ouest.fr, 31 janvier 2012).

Quand on sait que pour trois offres d’emploi refusées la radiation est à la clef, ça laisse pantoise. Quand Pôle emploi devient À poil l’emploi, c’est qu’en période de crise, la lutte pour la dignité des femmes devient un combat archaïque pour les clients de tous poils. Et puisque les industries du sexe peuvent désormais recruter à tour de bras chez Popaul emploi, à quand des offres de proxénètes payées 2000 euros de l’heure ?

 

AFFAIRE DSK :

A lire:

Quand les femmes ne peuvent que se sentir outragées par le cynisme et la bassesse

Par Catherine Albertini, Membre du bureau de Choisir la cause des femmes

L'indécent retour médiatique de DSK

Par Gisèle Halimi, Présidente de Choisir la cause des femmes

Vous pouvez nous aider à défendre cette cause en envoyant vos réactions à: choisirlacausedesfemmes@noos.fr


Affaire Dominique Strauss-Kahn: victime contre victime

Montrer un homme présumé innocent dans une affaire de crime sexuel est indigne, dégradant insupportable et cruel. Surtout quand cet homme, présenté comme le sauveur de la planète finance, portait les espoirs de tous ceux qui voyaient en lui le futur président français issu des sondages. « Ce ne saurait être un quidam comme un autre » (Béhâchehèle France Inter matinale du 17 mai). Jack Lang, et même, Ô surprise Elisabeth Guigou ont eux aussi entonné le grand air de la victimisation du présumé agresseur innocent dont pourtant le passé ne plaide pas en sa faveur (Libération du 16 mai 2011). Il me semble que le respect de la parole de la victime, l'importance du dol qu'elle a subi, s’imposent avec force, eux aussi, au monde des puissants un peu vite enclins à la victimisation du présumé innocent d’un crime grave qui n’a rien à voir ni avec la drague, ni la séduction, ni le libertinage. Et s’impose avec encore plus de force au parti socialiste supposé représenter les intérêts du peuple, des salarié(e)s, et des plus pauvres d’entre eux(elles) qui sont majoritairement des femmes. Le peu de cas méprisant dont on entoure la plainte d'une femme de ménage immigrée guinéenne qui élève seule sa fille et vit dans le lumpen prolétariat d’un quartier misérable du Bronx est extrêmement choquant dans un pays qui se flatte de donner des leçons de civilisation aux barbares du sud. Cette jeune femme va connaître les enquêtes de moralité de la défense de DSK (!) et sa vie privée va être passée au peigne fin dans ses moindres détails. Il y a dans cette affaire Strauss-Kahn qui a osé demander un traitement de VIP, fort heureusement refusé par la justice américaine, un fort relent de sexisme, de racisme et une dimension sociologique énorme et évidente qui ne fait pas honneur au Parti Socialiste.

Catherine Albertini

Non application de la loi de 2001 sur l’IVG, la contraception et l’éducation à la sexualité

 

Choisir la cause des femmes soutien l’action menée conjointement par les associations l’ANCIC, la CADAC, et Le Planning Familial pour la mise en application de la loi 2001 sur l’IVG, la contraception et l’éducation à la sexualité.

Le 10 janvier 2011, ces trois associations avaient déposé un recours gracieux pour non application de la loi 2001 sur l’IVG, la contraception, et l’éducation à la sexualité auprès du Premier Ministre, François Fillon.

N’ayant pas de réponse à cette demande, l’ANCIC, la CADAC, et Le Planning Familial ont décidé de saisir les juridictions compétentes pour que la loi de 2001 relative à la contraception, l’IVG et l’éducation à la sexualité soit enfin appliquée. Lire le communiqué de presse des associations.

 

LE JASMIN ET LE COURAGE !

Un jeune chômeur s’immole par le feu en Tunisie.

Et le feu devient incendie politique. Tout un peuple se dresse contre la dictature, la corruption, la mise à sac d’un pays par le clan Ben Ali - Trabelsi.

Puis les flammes embrasèrent les foules égyptiennes, libyennes, demain illumineront-elles  – liberté, liberté chérie –  tout le monde arabe et le  Moyen-Orient ?

Au phénomène traînée de poudre s’ajoute – inattendue – la présence en première ligne des manifestants… des manifestantes. Voilées ou pas, jeunes et moins jeunes, véhémentes et dignes, elles se sont avancées en première ligne. Certaines brandissaient fièrement les pancartes avec le célèbre : « Dégage ! » En français dans le texte. D’ autres défiaient les forces de l’ordre.

Le jasmin en Tunisie mais aussi le courage. La photo au Caire de la femme isolée, encerclée par les forces de l’ordre et faisant signe à la foule d’avancer malgré le danger devint symbole. Je crois que le courage est très souvent féminin quand l’enjeu se radicalise.

Mais aussi aux micros, devant les caméras, dans les assemblées de crise, on les voyait, on les entendait ces citoyennes qui refusaient la dictature  ou le recul de leurs libertés.

Aux avant gardes elles voulaient, comme leurs compagnons, instaurer une démocratie. Mais à leur différence, et en priorité, elles ajoutaient une autre revendication : sauvegarder – ou conquérir – les libertés qui leur permettraient à elles, femmes, d’exister en citoyennes  à part entière.

Respect et solidarité, mes sœurs !

Gisèle Halimi

 

« Sensualcleanservice », une atteinte à la dignité des femmes !

Non, ce n’est pas un poisson d’avril arrivé trop tôt, la société S.C service qui propose les services « d’une femme de ménage de luxe, sociable, amusante et très sexy » existe bel et bien. Habillées en soubrette, les femmes de ménage de cette société sont là pour assouvir le fantasme de l’homme « d’avoir une domestique rien que pour lui et vraiment coquine » …

Enregistrée à la chambre de commerce dans la catégorie « entreprise de nettoyage », cette société au fonctionnement proche du proxénétisme, n’a pas fait l’objet de restriction ni d’interdiction. Pourquoi ?

Présente déjà dans 6 villes en France, il est temps d’arrêter la diffusion de cette société et de son site internet racoleur qui portent atteinte à la dignité des femmes.

Mobilisons nous pour que cesse cette dérive vers la marchandisation de la femme : envoyez nous vos réactions à choisirlacausedesfemmes@noos.fr

 

« Aidants sexuels » pour personnes handicapées, solidarité ou commerce?

Alors qu’un député UMP, Jean-François Chossy prépare une proposition de loi visant à créer un statut « d’aidant sexuel » pour les personnes handicapées, Choisir la cause des femmes rappelle son opposition à toute tentative qui, de près ou de loin, reviendrait, sous les beaux habits de la compassion, à légaliser et légitimer prostitution et proxénétisme.

En effet, si la moitié des handicapés sont des femmes, les demandes de « services sexuels » sont exclusivement masculines, ce qui n’est rien moins qu’anodin. Nous reviendrons plus longuement sur cette question et la solution de facilité que représenterait le sexe tarifé pour handicapés dans le prochain numéro de notre journal mais nous tenons d’ores et déjà à assurer l’association de femmes handicapées « Femmes pour le dire, femmes pour agir », qui lutte contre cette proposition de loi, de notre soutien total et sans faille.

C. Albertini