Abolir la prostitution pour promouvoir l’égalité entre les sexes


L’association Choisir la cause des Femmes présidée par Maître Gisèle Halimi se félicite de la décision prise par le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale de déposer une proposition de loi abolissant le système prostitueur.

Cette proposition de loi fait suite au rapport d’information sur le renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel  déposé par Maud Olivier et Catherine Coutelle au nom de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes de l'Assemblée Nationale.

La prostitution résulte de la domination masculine et constitue l'une des pires violences faites aux femmes. 85% des personnes prostituées sont des femmes. À travers l'achat d'un acte sexuel, le client prostitueur impose son désir sans se préoccuper de la femme qui lui sert d’instrument masturbatoire voire d’exutoire à sa violence, certains clients paient pour avoir la possibilité d’être brutaux.

Cette violence envers les personnes prostituées frappe l’ensemble des femmes. Elle véhicule l’idée d’une hétérosexualité dominée par le désir des hommes et la satisfaction de « leurs supposés besoins naturels ». Cette représentation de la sexualité favorise la reproduction du modèle patriarcal.

L’inscription dans la loi de l’interdiction d’achat de  services sexuels marque l’engagement de la France dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des femmes et la traite des êtres humains. La proposition de loi, en abrogeant le délit de racolage public, inverse la charge pénale, de la personne prostituée, victime de sévices vers le client prostitueur, auteur de violences et/ou complice des mafias.

Cette interdiction est complétée par des mesures en faveur de l’accompagnement et de l’insertion des personnes prostituées, rendues psychologiquement et physiquement fragiles par les violences subies.

La démarche française doit permettre une prise de conscience au  niveau européen du fait que la prostitution constitue le paroxysme de la violence à l'encontre des femmes. Elle doit aussi éclairer les opinions publiques sur l'échec  des pays qui ont adopté une position réglementariste  et qui ont vu  le nombre de personnes prostituées augmenter  tout comme les violences envers les femmes.

Le futur vote d’une proposition de loi pour l’abolition du système prostitueur est une mesure à saluer et à encourager et constitue un pas en avant vers une sexualité libre et partagée.