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ÉDITO :
Une commémoration trop bruyante pour être juste

Par Gisèle Halimi

Le droit à l’IVG, ces dernières semaines - trente ans déjà - a fait fureur. Une commémoration qui ressemblait plus à une campagne médiatique, qu’à un rappel historique et juste de ce moment essentiel de la lutte des femmes. On célébrait, on encensait, on s’auto-congratulait. Mais silence sur le fanatisme - religieux et politique - qui combattit sans relâche cette demande des femmes d’une liberté « élémentaire » - la liberté des libertés - s’appartenir d’abord.
Silence aussi sur les manques, les failles, et quelquefois le sabotage organisé de la loi du 17 janvier 1975.
Je pose une première question : était-il juste de « stariser » jusqu’au culte de la personnalité, des personnalités, justement, qui avaient joué un rôle déterminant dans le vote de la loi, et de rappeler à peine le long combat des femmes, puis le raz de marée féministe qui avait imposé la discussion jusqu’au Parlement ?
Je pense à Simone Veil, et même à moi, dans une bien moindre mesure.
Qu’aurions-nous fait, qu’aurions-nous dit toutes deux sans ces milliers de femmes, toutes générations, toutes classes mêlées qui assiégeaient le Tribunal de Bobigny pendant que comparaissaient Michelle Chevalier, mère de Marie-Claire, la jeune avortée de 16 ans, quelques jours plus tôt (acquittée par le Tribunal pour enfants) et ses « complices » du métro, quatre femmes jugées par quatre hommes. Sans ces milliers de manifestantes, porteuses de pancartes « libérez l’avortement », « un enfant choisi, c’est chouette ! », « libérez Marie-Claire », cheveux au vent, espoir et détermination éclatant dans les yeux.
J’ai plaidé, portée par leurs voix, leurs slogans, réalisant enfin une totale osmose et « toutes causes confondues », femme ayant avorté et avocate de ces femmes qui, comme moi, avaient avorté. Le « mon corps m’appartient » devenait le corps de toutes les femmes qui leur appartenait, à toutes ensemble. Jamais dans l’histoire des femmes une solidarité physique et affective ne s’était aussi superbement manifestée.

La force des femmes
Le courage et la volonté de Simone Veil pour faire aboutir le projet Giscard sont incontestables. Et il est bon de toujours le rappeler. Mais sans la force des femmes et celle de l’opinion publique - qui avait basculé dans le camp du changement - l’aurait-elle emporté ? A-t-on oublié les manifestations multiples des femmes dans les rues, dans les manifestes, dans les prétoires, dans les médias d’alors ? Et ma deuxième question : que serait-il advenu sans l’apport massif des voix de la gauche au secours de Simone Veil ?
La droite misogyne et conservatrice de 1974 avait lâchement déserté son camp. Un projet de droite devenu donc loi grâce à la gauche 1. Assez rare dans le paysage parlementaire pour mériter quelque mention. Ce que je fais, à défaut des médias. Qui préfèrent les titres « people » ou cinéma dans le genre « Et Veil créa l’IVG »… 2. Peut-on évoquer dans la vérité cette victoire des femmes - ma troisième question - en jetant un voile politique sur les failles de la loi ? Sur le parcours de la combattante qu’est pour une femme la demande d’une IVG ? Centres fermés, faute de crédits et de praticiens. Des gynéco-obstétriciens, mal considérés par les pouvoirs publics, rémunérés au plus bas, surchargés parce que peu nombreux. Et qui ressentent cette charge comme hautement dévalorisante. Et finalement, par un véritable blocage culturel, qui refusent de faire l’acte. D’autres brandissent la clause de conscience. Ce qui équivaut, pour certains mandarins, à bloquer du haut de leur hiérarchie hospitalière, tout l’établissement. IVG interdite, la loi mise hors la loi. Or le droit - refuser pour des raisons religieuses ou philosophiques de pratiquer l’IVG - ne peut se confondre avec l’abus du droit. Qui est un véritable délit.

Rien n’est plus contagieux que le retour en arrière
Qu’est un droit sans les moyens du droit ? Une liberté sans celle de démasquer les ennemis de cette liberté ?
Encore un mot, actualité oblige. On nous presse de toutes parts, gauche, droite, médias en campagne, de dire oui au Traité Constitutionnel européen. Or, pour se limiter au thème de cet édito, nous constatons que le droit pour les Européennes de choisir leurs maternités - contraception, avortement - ne fait l’objet d’aucune mention. Où est donc ce nivellement par le haut - clause de l’Européenne la plus favorisée défendue par choisir depuis 1978 - si la Pologne, l’Irlande, Malte, le Portugal, maintiennent la criminalisation de l’avortement ? Et par leur retard, nous menacent de régression ? Rien n’est plus contagieux que le retour en arrière, surtout pour les acquis des femmes.
L’ordre moral, en revanche, donne sournoisement ses coups de boutoirs à la Bush. Contre l’IVG, contre le mariage homosexuel, contre la loi réprimant le sexisme et l’homophobie, etc…

Que 2005 soit donc l’année de la vigilance et de l’unité des femmes dans le combat.

Car le combat continue.

 

G.H.


1. Une gauche enfin responsable et active, après son refus de témoigner au procès de Bobigny, en novembre 1972 à l’exception de M. Rocard pour le P.S.U.
2. in Le progrès de Fécamp, 29.11.04., mais ce fut la tonalité dans toute la commémoration.

 

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ENTRETIEN :
Marie-Claire Chevalier, l’accusée du procès de Bobigny
La loi sur l’IVG a trente ans. Marie-Claire se souvient…

CHOISIR : Tu avais 16 ans. Tu as découvert que tu étais enceinte. Comment as-tu vécu ça ?
Marie-Claire : D’abord, je le cache à ma mère. Et puis, il faut bien que je le lui dise. J’ai honte. Je me dis que je vais briser sa vie…

CH : Comment c’était arrivé ?
M.C. : On était plusieurs. On écoutait des disques. Et puis les autres sont partis et, à ce moment-là, l’ami chez qui on était m’a menacée avec une paire de ciseaux. Il m’a dit qu’il allait me crever les yeux… Il m’a obligée…

CH : Tu le dis à Michelle, ta mère…
M.C. : Elle était affolée. Elle m’a dit : « Je n’ai pas les moyens d’élever un enfant de plus »…

CH : Vous étiez déjà trois : toi et tes deux sœurs. Sans père…
M.C. : Elle a ajouté : « Mais si tu veux le garder, on se débrouillera »…
J’ai dit : « Non. Je ne veux pas garder ce qu’on m’a fait de force. Et je ne suis pas capable d’élever un enfant ». Alors ma mère a parlé à des collègues du métro, où elle travaillait.
Finalement, une femme est venue. Elle a demandé de l’argent. Je ne sais pas comment ma mère s’est débrouillée : à l’époque, on avait cent francs pour vivre une semaine… La femme m’a mis une gaine de fil électrique. J’ai gardé ça trois semaines dans mon ventre. Et puis, une nuit, je suis tombée de mon lit. J’étais par terre. Il y avait beaucoup de sang. La femme nous avait laissé l’adresse d’une clinique, au cas où il y aurait un problème. J’ai été transportée, en pleine nuit. A la clinique, un médecin est venu. Il m’a dit brutalement : « Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ? » Ensuite, ils m’ont fait le curetage et une injection d’antibiotique, à froid, ce qui fait très mal, je le sais puisque je suis aide-soignante. A mon avis, c’était comme punition.

CH : Et après ?
M.C. : Quelques temps après, un soir, des policiers ont débarqué chez nous. Maman était malade, au lit, je m’en souviens. Un policier s’est assis sur le lit de maman et il a dit : « Je vous arrête »… En fait, ils sont repartis, mais nous avons été inculpées.

CH : Vous aviez été dénoncées ?
M.C. : J’avais revu par hasard le garçon qui m’avait fait ça. Et je lui avais dit que je m’étais fait avorter à cause de lui. Bien entendu, il m’avait dit qu’il n’était pas responsable. Un jour, il a été arrêté, pour un vol dans une voiture. Et il a dit aux policiers : « Si vous me relâchez, je vous dirai quelque chose qui peut vous intéresser. » Et il nous a dénoncées…

CH : On en arrive au procès de Bobigny…
M.C. : Quand on a été inculpées, il fallait trouver un avocat. Maman avait lu, à la bibliothèque du métro, le livre Djamila Boupacha de Gisèle Halimi. Elle a alors pensé à Gisèle qui lui a dit : « Je vous défendrai. Mais ça va être difficile. Il vous faudra du courage et de la détermination »…
Maman a répondu « Je suis prête à aller jusqu’au bout… Nous ne sommes pas coupables… Nous sommes les victimes d’une loi injuste, comme toutes les femmes qui sont obligées de faire ce que nous avons fait »…
Moi, j’avais un petit cahier et, chaque jour, je notais combien de jours il restait, avant le procès. J’avais très peur d’aller en prison…
A Bobigny, il y a eu toutes ces femmes qui manifestaient, qui m’ont embrassée, ça m’a soutenue. Je n’ai pas été condamnée. Mais je n’arrivais pas à me remettre. J’avais mal. Je n’avais plus de rêves. J’ai fait une tentative de suicide, la honte, toujours. Malgré tout.

CH : Tu as essayé de t’occuper d’enfants…
M.C. : Oui. Je voulais devenir puéricultrice. J’ai commencé des études dans une école privée. Ça coûtait trop cher. Et puis je ne devais plus m’appeler Marie-Claire. Il fallait que je m’appelle Catherine, pour les gens. J’ai raté l’examen et je ne suis pas allée au rattrapage. Alors maman m’a dit qu’elle ne pouvait plus me garder comme ça, qu’il fallait que je trouve du travail. Pendant une quinzaine d’années, j’ai pris n’importe quoi. J’ai fait des pièces détachées pour des avions militaires, j’ai fait de l’intérim, mais les usines fermaient, j’ai été plusieurs fois licenciée. Malgré tout, je voulais prendre mon indépendance. J’ai essayé de me reconstituer toute seule…

CH : En 1988, tu as eu Jennifer…
M.C. : J’ai eu ma fille. J’avais rencontré un homme très bien. Nous avions décidé de vivre ensemble, d’avoir un enfant. Pour la première fois de ma vie, j’étais heureuse. Je suivais ma grossesse. J’étais bien.
Et puis cet homme est parti. Il ne se sentait pas capable d’assumer l’avenir. Ma grossesse en a été très perturbée. A la naissance, Jennifer pesait 1 kilo deux cents. Elle a été mise en réanimation. J’ai reçu des fleurs. J’ai vu qu’elles venaient de lui. Je les ai données à la dame qui partageait ma chambre. Et je n’ai pas voulu le revoir…

CH : Maintenant, tu as surmonté tout ça. Tu t’es battue. Tu as réussi le concours d’aide-soignante et tu vis près d’Orléans - pas très loin du village où Michelle a pris sa retraite. Ta fille a 16 ans, tu aimes ton travail dans ce service de gériatrie où tu es la bonne fée de tes petites vieilles… Que penses-tu des jeunes filles d’aujourd’hui ?
M.C. : Je suis peut-être un peu arriérée mais je trouve qu’en général elles se gâchent. Elles se donnent trop facilement, comme si c’était un jeu. Pour moi, faire l’amour, c’est quelque chose d’important. On se donne parce qu’on aime. Elles prennent la pilule mais il y a encore des accidents parce qu’au niveau des lycées, des collèges, il devrait y avoir plus d’information.
Au collège de Jennifer, par exemple, il n’y a pas d’éducation sexuelle. Moi,j’ai essayé de lui expliquer des choses, de lui transmettre des valeurs. Je ne veux pas qu’elle se gâche…

CH : Est-ce que, à ton avis, les filles d’aujourd’hui ont conscience de ce qui été conquis pour les femmes, avant elles ?
M.C. : Je crois qu’elles se fichent des batailles qui ont été menées. Elles ne se posent même pas la question. J’ai entendu une gamine dire : « Je crois que je suis enceinte. Mais ça n’est pas grave : je sais que ma mère m’aidera à me faire avorter »…
J’ai eu envie de lui dire : « Tu sais ce que c’est qu’un avortement ? Tu en connais les séquelles psychologiques ? » Une femme ne se fait jamais avorter comme ça, en disant « Ça y est… Je suis débarrassée. Je suis contente ».

CH : Qu’est-ce que tu as envie de dire à ces jeunes filles, à ces jeunes femmes ?
M.C. : j’ai envie de leur dire : « Profitez de la vie, mais ne vous gâchez pas. Il y a des femmes qui ont risqué leur vie, en avortant comme ça se faisait avant 1975. Beaucoup en sont mortes. N’oubliez pas comment c’était avant… Pensez-y… Pensez à celles qui se sont battues pour que ça change… Mais, attention ! Les acquis sont fragiles »…
Et aux gamines, j’ai envie de dire : « N’arrêtez pas vos études trop tôt. Moi, si j’avais pu, je me serais lancée dans les études. J’aurais voulu être avocate, défendre les autres, me battre »… Aujourd’hui, j’aimerais aider les femmes africaines. J’ai une collègue qui m’en parle. Dans la plupart des pays, elles n’ont pas de contraception, elles sont battues, elles sont les premières à être victimes du sida. Il y a parmi elles des femmes exceptionnelles, qui essayent de faire quelque chose. Je voudrais pouvoir les aider.

Propos recueillis par Gisèle Halimi et Claude Faux.

 

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ÉCHOS DE FRANCE

Nouveaux droits pour les femmes : pas en avant ?

La réforme du droit du divorce est-elle en tous points favorable aux femmes ?

Par Patricia Simo
Avocate à la Cour.

La loi nº 2004-439 du 26 mai 2004 portant réforme du droit du divorce est entrée en vigueur le 1er janvier dernier. Si l’on peut considérer que cette réforme majeure constitue globalement un progrès en ce qu’elle vise à pacifier et à simplifier le divorce des époux, elle comporte néanmoins certaines dispositions dont l’application pourrait avoir des conséquences préoccupantes. Et l’on pense naturellement aux épouses délaissées avec ou sans enfant à élever.
Ainsi en va-t-il principalement du divorce pour altération définitive du lien conjugal, grande nouveauté de la réforme qui remplace l’ancien divorce pour rupture de la vie commune.

L’ancienne procédure qui permettait de divorcer après une période de séparation de 6 années, garantissait à l’époux délaissé de pouvoir s’opposer au divorce lorsque les conséquences en étaient humainement insupportables en excipant de la clause d’exceptionnelle dureté et lui garantissait une sécurité financière en maintenant le devoir de secours à la charge de l’époux délaissant.
La nouvelle procédure de divorce pour altération définitive du lien conjugal, qui permet de divorcer après une période de séparation réduite à deux années, n’offre plus aucune de ces garanties, les dispositions sur la clause d’exceptionnelle dureté et le maintien du devoir de secours ayant été abrogées.

Il suffit désormais que l’époux quittant le domicile conjugal justifie d’un domicile distinct ou adresse à son conjoint une lettre libellée dans des termes habilement choisis pour lui signifier les raisons de son départ pour marquer le point de départ du délai de deux ans à l’expiration duquel il obtiendra nécessairement le divorce sans que l’époux délaissé puisse s’y opposer. Tout au plus pourra-t-il demander reconventionnellement le prononcé du divorce pour faute.
Si dans le souci de marginaliser le divorce pour faute à des fins pacificatrices, le législateur a pu penser ou du moins espérer qu’après deux années de séparation, l’époux délaissé pouvait avoir reconstruit sa vie ou du moins pris conscience de la situation et accepter plus facilement le divorce qui lui est imposé, il reste que dans certains cas il pourra conserver le sentiment d’avoir été répudié.
C’est au demeurant le terme employé par les opposants au divorce pour altération définitive du lien conjugal qui le nomment : « le divorce répudiation ».
Certes, les conséquences d’un tel divorce pourront être compensées par l’octroi de dommages et intérêts et d’une prestation compensatoire. La loi laisse cependant planer une incertitude à ce sujet, dans la mesure où la prestation compensatoire est désormais déconnectée de toute idée de faute, à telle enseigne, d’ailleurs, que l’ancien article 280-1 du code civil selon lequel l’époux aux torts exclusifs duquel le divorce était prononcé était privé de tout droit à prestation compensatoire, a disparu et est remplacé par des dispositions qui laissent, désormais, toute latitude au juge de ne pas lui accorder en raison des circonstances de la rupture.

Il est, par conséquent, permis d’envisager dans le cadre du divorce pour altération définitive du lien conjugal que l’époux délaissé, divorcé contre son gré, puisse encore devoir une prestation compensatoire à son époux si les conditions économiques pour y avoir droit sont remplies.
Il faut encore ajouter au titre des nouveautés celles relatives aux donations de bien présents, c’est à dire celles faites pendant le mariage qui selon les nouvelles dispositions, ne pourront plus être révoquées, de sorte que l’époux délaissant pourra conserver les biens que son conjoint aura pu lui donner pendant le mariage.
Les juges, nous l’espérons, éviteront certainement de telles situations par l’octroi de dommages et intérêts sans lesquels outre le sentiment d’abandon et de répudiation, l’époux délaissé pourra avoir en plus celui d’avoir été spolié.

NOTA : l’époux délaissé est, presque toujours, la femme.

 

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Création d’une Haute Autorité

Par Caroline MÉCARY
Avocate au barreau de Paris. Membre du Conseil de l’Ordre. Ancienne chargée d’enseignement aux universités de Paris I et Paris XII.

Le parlement a définitivement adopté, le 22 décembre 2004, le projet de loi sur la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) à l’issu d’un processus législatif que l’on qualifiera charitablement d’hésitant pour ne pas dire méprisant : les députés UMP se sont très largement divisés sur la nécessité de lutter contre le sexisme et l’homophobie, alors que pas un aujourd’hui ne remettrait en cause la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (témoignage supplémentaire de ce que dans l’esprit de beaucoup, il existe encore une hiérarchie entre les discriminations… mais la loi va y remédier).
Le texte adopté délimite l’espace du permis et de l’interdit, aussi bien en ce qui concerne les comportements que les paroles.
La surveillance des comportements discriminatoires relève principalement des missions de la HALDE.

Qui peut saisir la HALDE ?
• la personne s’estimant victime d’une discrimination peut le faire directement ou par l’intermédiaire d’un parlementaire français ou européen,
• une association régulièrement déclarée depuis plus de 5 ans et dont les statuts visent à lutter contre les violences ou les discriminations,
• la HALDE peut aussi se saisir d’office.

Les missions de la HALDE :
• recueillir toute information (auditionner les personnes physique ou morales mises en cause),
• assister la personne qui se plaint d’une discrimination dans la constitution de son dossier judiciaire,
• favoriser le règlement amiable du conflit,
• effectuer des vérifications sur place par des agents habilités,
• saisir le juge des référés afin de vaincre une résistance injustifiée,
• formuler des recommandations aux intéressés et en cas d’ineffectivité de la recommandation, établir un rapport qui sera publié au Journal officiel,
• dénoncer au Ministère public les infractions dont elle a connaissance,
• communiquer et informer pour promouvoir l’égalité,
• publier annuellement un rapport public, rendant compte de l’exécution de sa mission.

Les moyens d’action de la HALDE :
Il n’y a pas de mission sans moyen. Or le budget actuellement envisagé, (quelques millions d’euros), est notoirement insuffisant pour permettre à la HALDE de remplir ses missions. On assiste une fois de plus à la proclamation d’un principe sans que l’infrastructure nécessaire à sa mise en œuvre, suive.
Concernant les discours, le nouveau texte a amendé la loi du 29 juillet 1881 sur la presse en permettant :
• la poursuite des personnes qui « auront provoqué à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle ou de leur handicap » ;
• la poursuite des personnes qui auront proféré des injures et diffamations fondées sur le sexe, l’orientation sexuelle ou le handicap.
La nouveauté réside ici dans le fait que le ministère public et/ou toute association régulièrement déclarée depuis au moins 5 ans et qui se propose par ses statuts de combattre les violences ou les discriminations fondées sur le sexe, l’orientation sexuelle ou le handicap pourra agir judiciairement contre l’auteur.
Désormais la personne qui profère des injures et/ou diffamations sexistes et/ou homophobes et/ou visant le handicap, sera traitée comme celle qui profère des injures ou diffamations racistes ou antisémites. Le nouveau texte met ainsi sur un pied d’ égalité le traitement des propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, ou tenant à un handicap.

Conclusion : dans une société idéale, nul besoin de HALDE ou de loi sur la presse réprimant les injures et/ou diffamations car « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » ; malheureusement, force est de constater qu’ à l’état de « nature » l’être humain n’est pas civilisé. C’est pourquoi la loi doit venir rappeler, comme elle vient de le faire, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Les propos de Lacordaire ont encore un bel avenir devant eux. Il semble toujours vrai qu’« entre le fort et le faible c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

 

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À l’écoute des femmes dans le monde

Allemagne
Les Allemands sont aussi soupçonneux que les Chinois quant à la fidélité de leurs compagnes. Ils sont de plus en plus nombreux à recourir aux services de laboratoires d’analyses pour vérifier, par test ADN, s’ils sont bien les pères des enfants qu’on leur attribue. L’affaire prend une telle ampleur que le Gouvernement envisage de définir strictement, par la loi, les conditions de ces tests que combattent les féministes.

Arabie Saoudite
Les 3.200.000 femmes saoudiennes de plus de 21 ans, qui ont - en principe - le droit de vote depuis la publication d’un décret le 9 août dernier, ne participeront cependant pas aux élections municipales (les premières depuis 1963), qui auront lieu entre le 10 février et le 21 avril prochain.
Pour voter il faut en effet, une carte d’identité et seulement 10 % des femmes en sont pourvues, en raison des pressions multiples qui s’exercent sur elles.
Le Ministre de l’Intérieur semble d’ailleurs avoir son opinion sur la question : « Je pense qu’il y a peu de chances que les femmes participent » a-t-il récemment déclaré. Le Prince Mansour Ben Miteb est également très clair (et… un peu cynique !) : « Je m’attends » a-t-il dit, « à ce que les femmes participent à des élections dans une phase ultérieure, après avoir mené une étude qui témoignera de l’utilité ou non d’une telle participation ».
Cinq femmes ont néanmoins déjà fait acte de candidature, décidées à « briser le handicap mental » qui entretient l’inégalité entre les sexes.
Rappelons qu’en 1990, 47 femmes qui avaient circulé quelques minutes dans les rues de Ryad au volant d’une quinzaine de voitures pour protester contre l’interdiction de conduire, avaient été arrêtées et privées de travail pendant plusieurs années.

Chili
Deux femmes sont candidates à l’élection présidentielle qui aura lieu à l’automne. Michelle Bachelet a été ministre de la Santé et ministre de la Défense.
Elle est la fille d’un général, mort en 1974, des suites des tortures qu’il avait subies pour être resté fidèle à Salvador Allende. Elle même a été torturée pendant la dictature. Pédiatre de formation, elle est membre du Parti Socialiste.
Soledad Alvear est avocate. Elle a été Ministre du Service National de la femme, Ministre de la Justice et Ministre des Affaires Etrangères (opposée à la guerre en Irak). Elle appartient à la Démocratie chrétienne.
Ces deux femmes sont, en fait, pré-candidates pour représenter la Concertation Démocratique, coalition de Centre gauche qui réunit le PS et la Démocratie chrétienne. A ce titre, elles sont rivales mais affirment qu’elles se téléphonent régulièrement et qu’elles déjeunent souvent ensemble.
Le candidat de la Droite que l’une des deux aura à affronter est Joaquin Levin, Maire de Santiago et ancien fonctionnaire de la dictature Pinochet.

États-Unis
George Bush devra, sans doute prochainement, décider du remplacement de l’actuel Président de la Cour Suprême, William Rehnquist, 80 ans, qui est gravement malade et qui pourrait démissionner dans quelques semaines. L’éventualité de ce remplacement ranime le conflit entre partisans et adversaires de l’avortement.
Le sénateur républicain Arlen Specter, qui vient de prendre la présidence de la Commission des affaires judiciaires du Sénat, a déclaré qu’inverser la décision de la Cour Suprême, légalisant l’avortement, en 1973, serait aussi grave que de revenir sur celle de 1954, qui a mis fin à la ségrégation raciale dans les écoles.
Ces propos ont déclenché un tonnerre de protestations chez les adversaires de l’avortement.
Prudemment, Arlen Specter, a assuré qu’il n’entendait pas soumettre les magistrats « à un test sur la question de l’avortement »…

Colombie
Ingrid Betancourt est, depuis plus de trois ans, prisonnière des Forces Armées Révolutionnaire (FARC) de Colombie. Le Gouvernement français semble avoir tenté, à plusieurs reprises, d’intervenir localement pour sa libération.
Sans succès. Ingrid Betancourt a la double nationalité : colombienne et française.

Émirats Arabes Unis
Cheikha Loubna Al-Quasseni a été nommée, le 1er novembre dernier ministre de l’Economie et du Plan. Elle est la première femme ministre dans les Emirats depuis la création de la Fédération en 1971.

Liban
Depuis le 26 octobre dernier, et pour la première fois dans l’histoire du Liban moderne, le gouvernement libanais compte deux femmes. Leïla Solh a été nommée ministre de l’Industrie et Wafaa Hamze devient Secrétaire d’Etat à l’agronomie.

[…]

(extraits)