ÉDITO
Une commémoration trop bruyante pour être juste par Gisèle Halimi L’ENTRETIEN Marie-Claire Chevalier, l’accusée du procès de Bobigny ÉCHOS DE FRANCE • La réforme du droit du divorce est-elle en
tous points favorable aux femmes ?
• Discriminations : création d’une Haute Autorité À L’ÉCOUTE DES FEMMES DANS LE MONDE
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ÉDITO : Par Gisèle Halimi
Le droit à l’IVG, ces dernières semaines - trente ans déjà - a fait
fureur. Une commémoration qui ressemblait plus à une campagne médiatique, qu’à
un rappel historique et juste de ce moment essentiel de la lutte des femmes. On célébrait,
on encensait, on s’auto-congratulait. Mais silence sur le fanatisme - religieux et politique - qui
combattit sans relâche cette demande des femmes d’une liberté « élémentaire »
- la liberté des libertés - s’appartenir d’abord. La force des femmes Rien n’est plus contagieux que le retour en arrière Que 2005 soit donc l’année de la vigilance et de l’unité des femmes dans le combat. Car le combat continue.
G.H. 1. Une gauche enfin responsable et active, après son refus
de témoigner au procès de Bobigny, en novembre 1972 à l’exception de M. Rocard
pour le P.S.U.
2. in Le progrès de Fécamp, 29.11.04., mais
ce fut la tonalité dans toute la commémoration.
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ENTRETIEN :
Marie-Claire Chevalier, l’accusée du procès de Bobigny La loi sur l’IVG a trente ans. Marie-Claire se souvient…
CHOISIR : Tu avais 16 ans. Tu as découvert que tu étais enceinte. Comment as-tu
vécu ça ? CH : Comment c’était arrivé ? CH : Tu le dis à Michelle, ta mère… CH : Vous étiez déjà trois : toi et tes deux sœurs. Sans père… CH : Et après ? CH : Vous aviez été dénoncées ? CH : On en arrive au procès de Bobigny… CH : Tu as essayé de t’occuper d’enfants… CH : En 1988, tu as eu Jennifer… CH : Maintenant, tu as surmonté tout ça. Tu t’es battue. Tu as réussi
le concours d’aide-soignante et tu vis près d’Orléans - pas très loin
du village où Michelle a pris sa retraite. Ta fille a 16 ans, tu aimes ton travail dans ce service
de gériatrie où tu es la bonne fée de tes petites vieilles… Que penses-tu des
jeunes filles d’aujourd’hui ? CH : Est-ce que, à ton avis, les filles d’aujourd’hui ont conscience de
ce qui été conquis pour les femmes, avant elles ? CH : Qu’est-ce que tu as envie de dire à ces jeunes filles, à ces jeunes
femmes ? Propos recueillis par Gisèle Halimi et Claude Faux.
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ÉCHOS DE FRANCE Nouveaux droits pour les femmes : pas en avant ? La réforme du droit du divorce est-elle en tous points favorable aux femmes ? Par Patricia Simo
Avocate à la Cour.
La loi nº 2004-439 du 26 mai 2004 portant réforme du droit du divorce est entrée en
vigueur le 1er janvier dernier. Si l’on peut considérer que cette réforme majeure constitue
globalement un progrès en ce qu’elle vise à pacifier et à simplifier le divorce
des époux, elle comporte néanmoins certaines dispositions dont l’application pourrait
avoir des conséquences préoccupantes. Et l’on pense naturellement aux épouses
délaissées avec ou sans enfant à élever. L’ancienne procédure qui permettait de divorcer après une période de séparation
de 6 années, garantissait à l’époux délaissé de pouvoir s’opposer
au divorce lorsque les conséquences en étaient humainement insupportables en excipant de
la clause d’exceptionnelle dureté et lui garantissait une sécurité financière
en maintenant le devoir de secours à la charge de l’époux délaissant. Il suffit désormais que l’époux quittant le domicile conjugal justifie d’un
domicile distinct ou adresse à son conjoint une lettre libellée dans des termes habilement
choisis pour lui signifier les raisons de son départ pour marquer le point de départ du délai
de deux ans à l’expiration duquel il obtiendra nécessairement le divorce sans que l’époux
délaissé puisse s’y opposer. Tout au plus pourra-t-il demander reconventionnellement
le prononcé du divorce pour faute. Il est, par conséquent, permis d’envisager dans le cadre du divorce pour altération
définitive du lien conjugal que l’époux délaissé, divorcé contre
son gré, puisse encore devoir une prestation compensatoire à son époux si les conditions
économiques pour y avoir droit sont remplies. NOTA : l’époux délaissé est, presque toujours, la femme.
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Création d’une Haute Autorité
Par Caroline MÉCARY
Avocate au barreau de Paris. Membre du Conseil de l’Ordre. Ancienne chargée
d’enseignement aux universités de Paris I et Paris XII.
Le parlement a définitivement adopté, le 22 décembre 2004, le projet de loi sur la
Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE)
à l’issu d’un processus législatif que l’on qualifiera charitablement d’hésitant
pour ne pas dire méprisant : les députés UMP se sont très largement divisés
sur la nécessité de lutter contre le sexisme et l’homophobie, alors que pas un aujourd’hui
ne remettrait en cause la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (témoignage supplémentaire
de ce que dans l’esprit de beaucoup, il existe encore une hiérarchie entre les discriminations…
mais la loi va y remédier). Qui peut saisir la HALDE ? Les missions de la HALDE : Les moyens d’action de la HALDE : Conclusion : dans une société idéale, nul besoin de HALDE ou de loi sur la presse réprimant les injures et/ou diffamations car « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » ; malheureusement, force est de constater qu’ à l’état de « nature » l’être humain n’est pas civilisé. C’est pourquoi la loi doit venir rappeler, comme elle vient de le faire, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Les propos de Lacordaire ont encore un bel avenir devant eux. Il semble toujours vrai qu’« entre le fort et le faible c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».
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À l’écoute des femmes dans le
monde
Allemagne Arabie Saoudite Chili États-Unis Colombie Émirats Arabes Unis Liban [ ] (extraits)
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