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ÉDITO : Par Gisèle Halimi
Personne n’y échappera. Dans les interviews (en vrais coq à l’âne) dans les réunions, à table, au travail, la question est posée. Impossible d’esquiver, de temporiser. Un forcing médiatique a décidé pour nous. Le battage des images et des mots rend inaudibles nos objections. Dire que pour nous « le temps des femmes » ne se confond pas avec le « temps de l’autre sexe », biologiquement parlant. Que le progrès réel, la parité en politique et le partage du pouvoir exigent qu’à même compétence, choix et programme, une femme entre enfin à l’Elysée, paraîtra excessif, voir capricieux. Ajouter qu’il ne suffit pas de régner dans les sondages et de donner de soi une image fraîche et avenante pour devenir la « candidate des femmes » semblera le fruit d’esprits chagrins.
Le changement, oui. Une femme présidente, oui. Quelle femme, quel programme, quelles capacités ? Faut-il oublier que l’élection du Président de la République française, dans le cadre d’une Constitution lui attribuant d’immenses pouvoirs (dans le domaine intérieur comme à l’étranger) ne peut se jouer sur des blogs et de simples fantasmes d’avenir ? Faut-il oublier que les attentes des citoyens à l’égard d’une Présidente se doublent des attentes particulières des citoyennes ? Doit-on enfin accepter que cette dictature médiatique pour la promotion d’une nouveauté (une femme à l’Elysée) efface la perception des discriminations qui frappent encore les femmes et qui sabotent l’application de la loi sur la parité en politique ? Pour prendre un seul exemple :sait-on qu’aujourd’hui, après tant d’avancées, la charge de concilier vie professionnelle, engagement politique et vie familiale pèse essentiellement sur les femmes ? 1 Si dans le partage des tâches, dans les salaires, dans les responsabilités qui font le tissu de notre vie, les femmes demeurent les marginales, les discriminées, les oubliées, comment considérer que la seule élection d’une femme - tel un coup de baguette magique - fera régner pour toutes les autres femmes dignité et égalité ?
G.H. 1. Population et Sociétés, septembre 2006, n° 426, Ariane Pailhé et Anne Solaz de l’INED.
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ENTRETIEN :
Marie-Jo Zimmermann, députée de la Moselle Présidente de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.
Rapporteure générale de l’observatoire de la parité entre les hommes et les femmes. CHOISIR : Parle-nous de ton projet de réforme constitutionnelle pour favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales. CHOISIR : Comme chaque fois qu’il s’agit des femmes… CHOISIR : Ce qu’il faut, c’est prévoir des sanctions. Si les sanctions sont financières, comme on l’a fait pour la loi sur la parité, ça ne marchera pas. Il faudra que tu sois très vigilante sur les sanctions. CHOISIR : C’est la même chose qu’il faudrait faire avec la parité en politique. La sanction devrait être le rejet de la liste électorale quand la loi n’est pas respectée. CHOISIR : Il y a une solution que nous avons toujours proposée. Il s’agit d’unir 2 circonscriptions. Au final, cela permet d’avoir le même nombre de députés, autant de femmes que d’hommes puisque ces 2 circonscriptions élisent 2 député-e-s : un homme et une femme, à égalité. Ce n’est même pas une loi, ce n’est qu’un redécoupage électoral. CHOISIR : Oui, mais tout en bas de la pyramide du pouvoir municipal. CHOISIR : Il y a donc des propositions mais, sur le plan législatif, en quoi l’Observatoire intervient-il ? CHOISIR : Des propositions que tu as faites… CHOISIR : Comment s’opère le travail législatif ? CHOISIR : Franchement, es-tu satisfaite de l’Observatoire ? CHOISIR : Et à propos d’Artémis, que penses-tu du silence d’Angela Merkel malgré nos interpellations ? C’est quand même un signe pessimiste. CHOISIR : Est-ce que tu considères que en soi - sans parler de droite ou de gauche - il serait bon pour la France que l’Elysée s’ouvre à une femme ? CHOISIR : S’il y a un changement de majorité, penses-tu que l’Observatoire continuera ?
CHOISIR : Enfin, dernière question. La Clause de l’Européenne la plus favorisée. Choisir a présenté cette idée à Bruxelles il y a plus de 20 ans. Celle-ci nous paraît être la plus rationnelle et celle qui devrait relever le plus les niveaux de vie des femmes puisqu’elle s’attaque aux sources de précarité pour les femmes. Nous voulons unifier le droit dans différents domaines. CHOISIR : Au début de l’année prochaine, nous allons sortir un numéro hors-série avec un travail énorme de Choisir. Nous avons étudié tous les pays, toutes les législations, nous les avons comparées et nous avons interviewé de nombreuses personnes. Nous aimerions aller ensuite présenter cette clause à la Délégation à Bruxelles. Propos recueillis par Catherine Albertini et Gisèle Halimi [Version abrégée. Retrouvez l’intégralité des réponses dans notre journal n° 98] 1. Anna Zaborska est notamment connue pour ses positions anti-avortement (NDLR).
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VIOLENCES
Contre la récidive des violences conjugales : un dispositif expérimental dans le Val-d’Oise
Par Christophe Herbert, psychologue clinicien et Stéphanie Le Gal, sociologue et membre de Choisir
Ce dispositif expérimental de lutte contre la récidive des violences conjugales a été pensé sous la forme d’un groupe de parole. Il est expérimenté dans le Val d’Oise depuis fin 2003 et concerne uniquement une population sous main de justice. Il a été élaboré à l’initiative du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation et des associations Du Côté des Femmes et Esperer 95. Reponsabiliser chaque participant Une vision stéréotypée des relations hommes-femmes C.H. et S. L.G.
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IVG
États-Unis : le droit à l’avortement menacé
Par Clotilde Normand, membre du bureau de Choisir la cause des femmes
La question du droit à l’interruption de grossesse est récemment revenue sur le front de l’actualité, de façon préoccupante, aux Etats-Unis. En mars 2006, l’Etat du Dakota du Sud a adopté une loi qui interdit l’avortement, même si la grossesse est consécutive à un viol ou un inceste. La seule exception prévue est le cas de danger pour la vie de la mère.
Il s’agit donc d’une loi particulièrement restrictive. « Roe contre Wade remis en cause ? » Le référendum de novembre 2006 Un effet d’entraînement Des restrictions plus ou moins directes Un recul limité ? C.N.
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À l’écoute des femmes dans le monde
Rwanda Chine Inde Ethiopie Afghanistan [ ] (extraits du dossier A l’écoute des femmes dans le monde)
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