Choisir solidaire des mobilisations féministes en Amérique latine !


Choisir solidaire des mobilisations féministes en Amérique latine

 

L'objectif principal de cette carte est de rendre compte de plusieurs luttes féministes en Amérique latine. Nous avons étudié chaque pays et choisi une ou plusieurs mobilisations favorables aux femmes latino-américaines. Il ne s'agit donc pas d'informer sur toutes les luttes dans chaque pays, mais d’en choisir une, très actuelle, qui la distingue des combats féministes des autres pays. Cette cartographie ne constitue donc pas une liste exhaustive des mouvements féministes d'Amérique latine. Par exemple, il existe des luttes écoféministes dans d'autres pays que le Honduras ou le Costa Rica mais j’ai choisi d’en parler que dans ces pays-là.

En lien avec les combats fondateurs de Choisir, j’ai souhaité insister sur l’accès au droit à l’avortement en précisant les pays où l'avortement est totalement interdit, ceux dans lesquels il est légalisé (sous quelles éventuelles conditions) ou au contraire pénalisé.

La lutte contre les violences faites aux femmes (lois et mobilisations) est un autre grand domaine d’action des luttes féministes en Amérique latine.  

Mais nous avons pu aussi illustrer l’engagement de certains pays sur la parité en politique ou les droits LGBTQI+.

Mon ambition n’était pas de créer une « Clause de la Latino-américaine la plus favorisée » sur l’exemple de la Clause de l'Européenne la plus favorisée de Choisir la cause des femmes, mais de rencontrer des féministes Latino-américaines pour mener des entretiens avec elles.

La première que j'ai rencontrée est chilienne. Fernanda se définit comme une « artiviste ». Comédienne, elle est aussi professeure de yoga et de théâtre et participe à de nombreux collectifs féministes. Elle nous a beaucoup parlé de ses engagements, des actions qu'elle mène à Santiago, notamment au moment du 8 mars, lorsque avec la Brigada Laura Rodig,  elles ont rebaptisé tous les noms des stations de métro de Santiago afin de « rêver une ville féministe ».

Du côté du Mexique, Giglioli a été coordinatrice juridique de l'Institut municipal des femmes dans la région de Guadalajara et a contribué à instaurer un modèle d'attention et d'assistance face aux violences faites aux femmes. Elle a renoncé à son poste l'année dernière mais continue à soutenir les universités, centres médicaux et gouvernements de manière indépendante. Pour elle, la lutte la plus importante est celle contre les féminicides. En effet, le Mexique est le pays latino-américain le plus meurtrier et les victimes sont majoritairement des femmes. Elle nous a parlé aussi de l'avortement légalisé dans un seul état, Mexico et des quelques lois favorables comme la ley Olimpia qui lutte contre les violences et particulièrement les cuberviolences. Enfin, Giglioni a évoqué la journée sans femmes du 9 mars pendant laquelle, dans le prolongement de la journée internationale des droits des femmes, les femmes ne sortent pas, ne font aucun achat et font un jour d'introspection et de recueillement pour toutes celles qui ne sont plus là. Grâce à elle, j’ai aussi découvert les Dias Naranjas, ces « journées oranges » où toutes celles et tous ceux qui veulent soutenir les droits des femmes doivent porter un vêtement orange venus de République Dominicaine et aujourd'hui devenus internationaux.

 

Anouk Derennes