Marwan Barghouti, figure de la résistance palestinienne, emprisonné depuis 24 ans dans les geôles israéliennes, a été de nouveau torturé et laissé sans soins.
Choisir la cause des femmes a appris cette nouvelle, relayée par son avocat Ben Marmarelli, avec la plus vive inquiétude et indignation.
Nous nous associons aux appels lancés pour sa libération immédiate, dans la continuité des combats de Gisèle Halimi qui fut son avocate à partir de septembre 2002.
Ce n’est pas la première fois que Marwan Barghouti est victime de traitements inhumains et d’actes de torture depuis son arrestation, que Gisèle Halimi qualifiait de “véritable enlèvement”, en avril 2002. Le 24 mars dernier, comme l’a rapporté l’Humanité, un groupe de gardiens a pénétré dans sa cellule avec un chien. « Ils l’ont forcé à s’allonger au sol, et l’animal l’a attaqué à plusieurs reprises », rapporte son avocat. Le lendemain, lors de son transfert de la prison de Megiddo vers celle de Ganot, il a été de nouveau agressé. Le 8 avril, il a été tabassé et laissé en sang pendant plus de deux heures. Ses demandes de soin médical sont restées lettre morte. Il est désormais en danger de mort imminent dans l’indifférence quasi-totale de la communauté internationale et de la France.
Dès son arrestation, Gisèle Halimi, qui avait pu rencontrer le leader palestinien en septembre 2002, avait dénoncé le traitement inhumain dont il avait fait l’objet par les autorités israéliennes. Il avait été battu, maltraité, menotté, ligoté sur une chaise, soumis à des interrogatoires de dix-huit à vingt heures d’affilée, sans pouvoir ni boire ni manger, dix-neuf jours durant. Personne, ni même ses avocats, ne savait où il se trouvait. Ce n’est qu’au bout de trois semaines que ses avocats ont pu lui rendre visite. Il a été soumis à un isolement total, dans une cellule de 1m40 sur 1m80 et ne pouvant sortir pour marcher que boulets aux pieds, menotté et seul.
Est venue ensuite sa condamnation en mai 2004 à cinq peines de réclusion criminelle à perpétuité. Elle est intervenue après un procès en violation du droit international qualifié par Gisèle Halimi “d’exemple du procès politique” avec un “dossier truqué, des témoins contraints qui se rétractent à l’audience, des pièces à conviction mystérieuses.”
Choisir la cause des femmes envisage comme d’autant plus urgent d’exiger la libération de Marwan Barghouti dans ce contexte d’accélération de la campagne génocidaire et colonisatrice d’Israël en Palestine et au Liban.
